Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly

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Haiti Liberte: Hebdomadaire Haitien / Haitian weekly
 

Edition Electronique

Vol. 8, No. 19
Du  Nov  19  au  Nov  25. 2014

Electronic Edition

Kòrdinasyon Desalin: Conférence de presse

 

Préval veut maintenir le CEP
28 juillet 1915-28 juillet 2014 : 99 ans d’occupation d’Haïti
Par: Isabelle L. Papillon

Les manifestants réclament sur leur banderole : A Bas l’occupation d’Haiti ! ...

A 6 heures du soir, le mercredi 28 juillet 1915, 111 ans après l’Indépendance de la première république nègre du monde, les troupes yankees débarquèrent en Haïti et restèrent jusqu’en 1934. Durant 19 longues années de la première occupation d’Haïti, le bilan a été très lourd: plus de 50 mille Haïtiens tués, 3500 paysans tués au cours des 3 premières années; les finances publiques, les forces armées, les ports et aéroports sous contrôle de l’occupant. L’occupation étasunienne est venue au moment où Haïti était forcée à verser à l’ancienne puissante coloniale française 90 millions franc-or à titre de compensation, disait-on, pour les dommages causés aux colons au moment de la guerre de l’Indépendance de 1791 à 1804.

L’occupation américaine a eu de graves conséquences sur l’économie haïtienne, la vie morale du peuple haïtien et l’environnement du pays. La première occupation d’Haïti eut lieu sous le 28e président démocrate des Etats-Unis Thomas Woodrow Wilson. Quoique réputé pacifiste, il n’intervint pas moins dans la première guerre mondiale et en Haïti.

Quelles sont les causes profondes du débarquement des troupes étasuniennes en Haïti ? Après le départ des colons français, les blancs pensaient que les nègres ne pouvaient pas diriger en toute indépendance leur pays. Ils ont tout fait pour recoloniser Haïti, tout en estimant que la révolution haïtienne de 1804 fut un acte impertinent à l’égard des blancs. La raison humanitaire évoquée pour intervenir militairement en Haïti ne tenait pas. A part cela, le drapeau étoilé n’avait jamais été foulé aux pieds, aucune menace ne fut proférée à l’égard des Etasuniens et ensuite Haïti n’avait pas de dette envers la puissance montante impérialiste. Les fondements du débarquement des forces yankees sur le sol haïtien reposèrent uniquement sur des intérêts politiques et économiques de l’impérialisme yankee parvenu au stade suprême du capitalisme. Pour ce, un discours fondé sur le mensonge a été bel et bien construit à cette fin. « Les grandes puissances n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts » dit-on. L’ex-président des Etats-Unis, James Monroe disait, pour comble de tout : « L’Amérique aux Américains. » On utilise également la vieille méthode de diviser pour régner et les collabos nationaux s’en sont toujours donnés à cœur joie.

Pour maintenir leur occupation sur la partie orientale de l’Ile, les forces occupantes furent soutenues par une bonne partie des élites politiques et économiques. Tandis que les paysans du Nord et du Sud organisèrent une résistance agissante et combative. Des combattants pour la liberté comme, Joseph Pierre Sully, Charlemagne Péralte et Benoit Batraville, renforcèrent la résistance des paysans.

99 ans après, où en est-on ? Depuis plus de 10 ans, le pays vit sous une autre force d’occupation dégoutante et répugnante, établie sous le label des Nations Unies, dénommée Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH). Elle a été établie suite à un coup d’Etat-kidnapping mûrement préparé dans le laboratoire occidental, visant le renversement d’un président élu démocratiquement, en l’occurrence, Jean Bertrand Aristide. En plus des milliers d’Haïtiens tués dans des massacres à travers des quartiers populeux, plus de 8000 concitoyens sont morts de Choléra-MINUSTAH.Les représentants de l’ONU, de l’Impérialisme étasunien et leurs laquais locaux ont placé à la tête du pays des esclaves mentalement colonisés, à savoir : Michel Joseph Martelly et Laurent Lamothe, deux étrangers qu’on peut à tout moment manipuler pour continuer à détruire la production nationale, à piller les ressources minières du pays. Ils ont même tenté à maintes reprises de profaner la mémoire du peuple haïtien. Depuis 3 ans consécutifs, le président Sweet-Micky a délibérément choisi d’organiser le carnaval dit des fleurs chaque 28 juillet, l’une des dates marquant la mémoire du peuple haïtien, en lieu et place de profondes réflexions sur l’avenir de la Nation haïtienne et du peuple haïtien. Qui pis est, cette année, à la veille de la remémoration du 28 juillet, un groupe racine dénommé « Koudjay » sponsorisé exclusivement par le programme dit EDE PEP du régime Tèt Kale, a osé exhiber le drapeau étasunien sur son char dans la défilé carnavalesque à un moment où le peuple haïtien devrait commémorer cette date par des manifestations anti-occupation.

Ce programme est financé totalement par le projet Petro-Caribe de la République socialiste bolivarien du Venezuela. L’action éhontée du groupe Koudjay exprime pour plus d’un deux choses, d’une part, la destruction de la mémoire nationale et d’autre part l’utilisation des fonds Petro-caribe à la destruction de la mémoire collective du peuple haïtien, garantissant ainsi la défense des intérêts des grandes puissances impérialistes. Elle démontre une fois de plus que Joseph Michael Martelly et Laurent Salvador Lamothe ne sont plus des Haïtiens, ils sont tous des Etasuniens. Leurs actions ne disent pas le contraire. Dans une réflexion produite par la société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie (HHGG) datée de juillet 2014, sur le thème : « urgence et nécessité d’un travail de mémoire.», il a été convenu de poser des questions et faire des constats :

• 28 juillet 1915 - 28 juillet 2015, bientôt 100 ans. La conjoncture actuelle de ce prochain centenaire nous impose une réflexion collective et critique autour du « nous haïtien ». Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Vers quoi tendons-nous ? Questions utiles, questions ramenant à d’autres interrogations afin de dévoiler les enjeux complexes de notre engrenage dans une économie-monde semblant échapper de plus en plus à ses propres lois.

• Cette remémoration implique la célébration des diverses expressions de multiples refus de cette occupation inscrite dans les mêmes démarches idéologiques et comportementales de supériorité « raciale » ou de civilisation ainsi que de néantisation de l’autre, telle qu’elles ont été initiées depuis les grands voyages à l’époque de Christophe Colomb.

• En référence à l’ensemble de ces attendus, la SHHGG, dans un élan national, pareil à celui ayant conduit à sa fondation le 8 décembre 1923, moins de dix ans après le débarquement des Marines américains sur le sol haïtien, invite les Institutions de la société civile habitées par ces mêmes préoccupations à l’accompagner et à conduire avec elle la préparation pour la remémoration de cette tragédie collective qu’a été l’Occupation américaine dont notre communauté porte encore les traces.

Pour ce faire, un comité d’initiative de remémoration du centenaire de l’occupation américaine a été mis sur pied par la SHHGG, à l’occasion du 99e anniversaire de cette tranche d’histoire néfaste pour Haïti et le peuple haïtien. Le lancement de ce comité d’initiative de remémoration de l’occupation américaine d’Haïti est prévu pour le mercredi 30 juillet 2014, 2 jours après le 99e anniversaire du débarquement américain à Port-au-Prince en 1915.

Ce comité mis en place par la société haïtienne d’histoire, de géographie et de géologie projette déjà d’organiser une série d’activités culturelles et de manifestations publiques pour marquer le centenaire de l’occupation. Selon la SHHGG, le centenaire du débarquement des soldats américains arrive à un moment « d’extrême incertitude caractérisé par un profond malaise politique et socio-économique » et la présence de militaires étrangers sur le sol national.

« La remémoration du centenaire de la date souvenir du 28 juillet 1915 se présente pour la communauté haïtienne comme une occasion exceptionnelle de se livrer dans l’urgence à un sérieux travail de mémoire », ajoute la SHHGG. L’institution considère ce centenaire comme occasion pour à la fois s’interroger sur l’identité du peuple haïtien et son évolution mais aussi remembrer ses valeurs ethnoculturelles, politiques et civiques. A cette occasion, un colloque international est annoncé pour l’année 2015 en vue d’analyser les impacts de l’occupation américaine sur le pays.

Posted on:8/2/2014
Vol. 8 • No. 3 • Du 30 Juillet au 4 Août 2014

 
 
 

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